« Donner à François Hollande les moyens de tenir ses engagements »

« Didier Manier et moi sommes les candidats de la majorité présidentielle. Nous sommes socialistes, comme François Hollande et Jean-Marc Ayrault ». Hier matin, Audrey Linkenheld a mis les points sur les i dans la bataille à distance qui l’oppose à Éric Quiquet (EE-LV) pour incarner la gauche qui gagne dans la deuxième circonscription.

La présence de Bernard Derosier au côté de la prétendante socialiste signe le rapport des forces issu de la présidentielle. « Si quelqu’un doit me succéder, c’est Audrey Linkenheld, tranche ainsi le député sortant. Le candidat écolo est celui que l’on doit battre au premier tour si l’on veut garder la circonscription au PS. Je le redis, car pour ce candidat, il y a usurpation de succession ! » Une appréciation qui ira sans doute droit au coeur d’Éric Quiquet. « Chacun mène sa campagne comme il veut, nuance Audrey Linkenheld, je n’ai pas de jugement à porter. Moi je poursuis ma route avec enthousiasme, sans aigreur ni amertume. » L’objectif, de toute façon, est limpide : « Donner à François Hollande les moyens de tenir ses engagements ». Pour cela, il faut bien sûr une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, « au risque, sinon, de subir un blocage institutionnel ». Pas question du coup de se disperser dans des luttes fratricides entre « concurrents » du même camp. « L’adversaire, c’est la droite et l’extrême droite », martèle Audrey Linkenheld. Un rival bicéphale dont les scores cumulés à la présidentielle frôlent les 40 %. L’étiage est « considérable » pour la candidate socialiste, bien décidée à s’ériger en ultime rempart, au côté de Didier Manier. « Si l’on regarde les scores de la présidentielle, François Hollande est le seul à creuser l’écart face à la droite et au Front national. Et nous sommes les seuls à pouvoir garantir que la circonscription reste à gauche, quoi qu’il arrive. » Le duo ne se présente pas pour autant en terrain conquis. Au contraire, « on se comporte en challenger, dans une situation inédite », affiche celle qui se présente pour la première fois sous son nom. « Ma candidature est le signe du renouvellement politique voulu par le PS. C’est toujours plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on détient un mandat. Quand Bernard Derosier a annoncé son retrait, le PS a pris la décision de réserver cette circonscription à une femme. Elles ne représentent que 17 % à l’Assemblée nationale. Cela aurait été un comble de laisser à la droite et à l’extrême droite les candidatures féminines dans la circonscription ».

Conseiller général de Villeneuve-d’Ascq Nord, patron du groupe socialiste, Didier Manier est, lui, « un suppléant heureux ». Pas seulement parce qu’il partage avec Audrey Linkenhled les dossiers du logement, de la rénovation urbaine et « une même approche du développement durable », mais aussi parce qu’il reconnaît en elle « une élue de terrain qui travaille ses dossiers. Elle a la pugnacité et la franchise, deux qualités importantes à mes yeux. Ce n’est pas toujours le cas malheureusement ». Le tandem socialiste n’imagine pas une triangulaire au second tour, encore moins le maintien du candidat de gauche arrivé second. « Ce serait un casus belli entre les écolos et les socialistes », prévient Bernard Derosier. •

La voix du Nord – 23/05/2012

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