« Nous devons aussi nous demander à quoi sert l’école publique ? »

À l’initiative du lycée Queneau, enseignants, parents d’élèves et lycéens se sont réunis vendredi soir, en présence de Didier Manier, conseiller général, pour débattre sur l’avenir de l’école publique.

« Que doit être l’école publique ? », a questionné Noëlle Celerier, professeur d’histoire-géographie à Queneau. « Nous ne parlons plus de la même école avec le rectorat et le ministère. Il n’y a plus d’écoute, nos revendications, nos arguments ne sont pas entendus. Nous rencontrons du mépris, du cynisme, nous avons le sentiment que tout le monde s’en fiche ! Nous souhaitons savoir si notre conception de l’école publique est partagée et nous espérons que l’enjeu de l’école est au coeur des débats politiques. Nous sommes engagés, indignés et, pour progresser, nous avons besoin d’échanges. Nous devons aussi nous poser différentes questions : à quoi sert l’école publique ? Quelles sont ses missions, ses ambitions ?
Que sommes-nous prêts à proposer ? Comment revenir à une école qui donne les mêmes chances à tous ? Actuellement l’école est centrée vers l’élitisme. »

Le mépris ! Il semblerait que beaucoup d’enseignants le ressentent : mépris des compétences, des programmes avec la suppression de certaines matières, de la qualité de l’enseignement, des élèves des quartiers défavorisés, du dialogue social et des salaires.

Le mécontentement est palpable

Le mécontentement est palpable, la dégradation est lente, générale et « une concurrence déloyale » s’installe entre l’enseignement public et privé. Quelques-uns ont déploré l’attitude de certains chefs d’établissement : « Ils sont des fonctionnaires obéissants, ils appliquent avec docilité les réformes ils sont en opposition avec ce que souhaitent les enseignants. Nous sommes dans des raisonnements comptables : on veut supprimer des postes, des heures de cours au détriment des élèves. Comment redonner confiance aux parents et au personnel de l’Éducation nationale ? L’éducation nationale maltraite ses salariés et nous méprise. » Un constat est fait : les règles qui s’appliquent dans le secondaire s’appliquent également à tous les services publics.

Mécontentement pas énorme face aux enjeux

Le socialiste Didier Manier a approuvé : « Oui, quand il faut diviser le nombre d’enseignants, nous avons le sentiment qu’une règle comptable s’applique mais quoi de plus important que l’avenir de nos enfants ? La mobilisation n’est pas énorme face aux enjeux et je suis troublé par cette résignation. Dans les mois à venir, il faut travailler sur des pistes : les rythmes scolaires, la qualité de l’apprentissage en début de cycle et les conditions du métier d’enseignant. Il est urgent de redonner les moyens à l’Éducation nationale. » Un parent d’élève a réagi : « Tout le monde n’est pas résigné quand les suppressions de postes ont été annoncées, des mobilisations de parents et d’enseignants se sont mises en place, et même dans les villages les plus reculés ! On voit se développer tout une série d’actions mais comment continuer la mobilisation sur le long terme et faire céder la rectrice ? Nous n’avons pas de réponse à nos questions et les parents aussi sont méprisés. Mais nous continuons le combat ! »

La Voix du Nord
lundi 11 avril 2011

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