« Si j’ai le sentiment de pouvoir rendre service, je serai candidat aux municipales »

Brillamment réélu dimanche soir, avec le meilleur score des socialistes dans le Nord, Didier Manier s’impose comme l’un des maillons fort du conseil général, dont l’exécutif est installé aujourd’hui. De quoi nourrir des ambitions également à Villeneuve-d’Ascq, où l’ancien candidat à l’investiture « ne s’interdit rien ».


> Quel est votre sentiment personnel après cette troisième élection ?

« Je suis heureux du résultat, sans que ce soit un sentiment de satisfaction. Lorsque l’on gagne, on se doit de rester humble, de même qu’il faut rester digne face à la défaite. Quand on voit à quoi tient une élection, il faut faire preuve de recul. Il y a quelques mois, je lisais dans la presse : « Didier Manier a du souci à se faire »… Si je regarde la situation aujourd’hui, je me dis que tout bascule décidément très vite… » Certes, mais c’est aussi parce que Gérard Caudron a retiré entre temps sa candidate du scrutin… « Comme disait François Mitterrand, en politique, deux et deux, cela ne fait jamais quatre. Là, je dirai qu’il y a eu une dynamique qui a fait cinq au lieu de trois. Je ne dis pas que je suis meilleur que les autres, je dis juste que j’ai fait mon travail. Il ne faut jamais être satisfait de soi, car il reste toujours des choses à faire. »

> Quelles leçons tirez vous d’un tel scrutin ?

« Tout d’abord, et comme souvent, il n’y a pas eu de surprises ! On nous annonçait un taux d’abstention inédit et une progression du FN : on a eu les deux ! Il faut essayer d’analyser tout ça. Pour la première fois depuis un ou deux siècles, les gens ont le sentiment que cela va être pire pour leurs enfants que pour eux-mêmes. Il y a une inquiétude extraordinaire, qui se traduit soit pas l’abstention, de lassitude d’avoir tout essayé, soit par le vote Front national, que j’estime relatif. Il fait plus de voix qu’avant, certes, quand nous, nous baissons, mais cette hausse ne correspond pas à celle des pourcentages, faussée par l’abstention. »


Quel regard portez-vous sur le FN ?

« Le vote FN a évolué. D’exclusivement protestataire, il a essaimé vers un vote d’adhésion. Il y a un mélange des deux dans l’électorat. Pour autant, je ne fais pas partie de ceux qui disent « les gens qui votent FN sont des cons ». Non, ils sont déboussolés. La gauche, si elle veut gagner en 2012, doit prendre en compte un certain nombre de phénomènes. Et commencer par proposer un projet national lisible, qui réponde de manière simple et concrète aux préoccupations des citoyens. Car je me suis rendu compte durant cette campagne que les messages passaient difficilement. Il faut multiplier les contacts personnels, pas seulement durant les campagnes. La communication institutionnelle, le papier ou les réseaux sociaux sont nécessaires mais pas suffisants ».

Passons au conseil général et à l’élection d’aujourd’hui. Comment voyez vous votre rôle et à quelle place ?

« D’abord, je ferai les choses en discussion avec le président (Patrick Kanner). Je souhaite continuer mon travail en matière de logement. J’ai été élu, voici quelques mois, président de la commission développement durable des offices HLM, au niveau national. C’est vraiment un sujet passionnant dans lequel je compte m’investir de plus en plus. Donc oui, j’ai le dessein de rester président de Partenord, c’est ce qui me tient le plus à coeur. »

Et pour le groupe socialiste ?

« Le président du conseil général, qui aborde son premier mandat, souhaite que je reste président du groupe majoritaire, si je suis élu. » Comptez-vous rester vice-président ?

« Vous le savez, il va y avoir une redistribution des cartes, en fonction des résultats de dimanche (le PS a perdu six cantons, le PC en a gagné deux). On ne peut pas tout faire et ce n’est pas un problème : je laisse ma vice-présidence. »

Les municipales maintenant. Quelle doit être la bonne approche en 2014 ?

« À mon avis, c’est celle du rassemblement dans le respect des différences. En clair, je pense qu’il faut dès le premier tour le rassemblement de la gauche. À Villeneuve-d’Ascq, il y a beaucoup de points communs entre le programme du PS et celui porté par Gérard Caudron. Il y a eu des divisions pour des querelles de personnes plus que sur des projets politiques. »

Envisagez-vous d’être candidat et si oui, à quelle place ?

« Tout est ouvert. Si j’ai le sentiment de pouvoir rendre service, je serai candidat aux municipales. Quant à la place, je n’exclus rien et je n’ai aucun a priori. Donc aucune exigence. Je suis dans un grand esprit de liberté et ne tire aucun plan sur la comète. »


Gérard Caudron a-t-il raison d’être candidat en 2014 ?

« C’est l’avenir qui le dira. Ce serait présomptueux de dire s’il a tort ou s’il a raison. Il a sûrement ses raisons. Mais 2014, ce n’est pas demain. À mon âge, je ne me projette pas si loin ! » •

Source: La Voix du Nord du 31 mars 2011, édition Villeneuve d’Ascq

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