Boistard: « Hollande m’a convaincue sur le traité européen »

Pascale Boistard, députée PS de la Somme, avait dit « non » au traité constitutionnel en 2005. En 2012, elle va (probablement) dire oui. A Dijon, en marge des journées parlementaires du PS, elle explique pourquoi.

Vous défendiez le « non » au traité constitutionnel en 2005. Pourquoi, aujourd’hui, dire « oui » au traité budgétaire européen?

Nous sommes au pouvoir. Je ne dis pas ça par cynisme, mais François Hollande a obtenu des avancées, avec le retour de la solidarité, l’ajout d’un pacte de croissance au traité de pure austérité. Ma décision n’est pas encore totalement arrêtée, mais j’ai été convaincue par sa démarche alors que sa marge de manoeuvre était étroite. Je constate que l’on fonde beaucoup d’espoirs en lui en Europe, en Italie notamment. On peut parler de valeurs et de principes, la politique, c’est aussi un contexte. Et le contexte actuel est grave: l’avenir de l’euro est en suspens, les nationalismes progressent, il en va de la cohésion européenne. Le texte n’est certainement pas entièrement satisfaisant, mais c’est un bon début.

Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve étaient également « nonistes », les voilà en charge des Affaires étrangères et des Affaires européennes, plaidant pour le traité…

Disons que c’est un hasard bien choisi… Bernard Cazeneuve s’est montré très pédagogue et acharné, avec humour et sérieux, il m’a quasiment convaincue. S’il vous dit qu’il est allé au maximum possible dans la réorientation du texte, c’est que c’est vrai.
Ils n’ont pas convaincu tout le monde. Que répondez-vous à ceux qui annoncent leur refus de voter ce traité? Notamment à ceux qui veulent renégocier encore?

Mais on ne revotera pas! Je respecte leur décision comme ils doivent respecter celle des autres. En revanche, j’estime que s’ils disent non au traité, alors ils doivent aussi dire non au budget, puisqu’il applique le sérieux inscrit dans le texte européen. Et là, ils affirment qu’il faut le voter, par solidarité avec le gouvernement…

Quelle est la bataille d’après?

Je ne vous cache pas que je reste inquiète. Il va falloir trouver un bon équilibre dans les politiques économiques et budgétaires de chaque pays de l’Union européenne, pour retrouver de la croissance et introduire des mesures sociales tout en maîtrisant les dépenses. Et puis les prochaines batailles sont aussi électorales. La majorité allemande restera-t-elle la même en 2013? Le Parlement européen et la Commission européenne resteront-ils aussi libéraux après les élections de 2014? Notre marge de manoeuvre passe par les urnes, c’est important pour continuer à réorienter l’Europe.

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