Claire Balavoine : « Mon frère Daniel était avant tout un homme engagé »

Ce n’est pas tous les jours que dans une ville urbanisée comme Loos, on inaugure une nouvelle rue. Vendredi en fin d’après-midi, la municipalité a pourtant eu ce plaisir d’ouvrir officiellement celle qui porte le nom de Daniel Balavoine, au Domaine du Pavé d’Emmerin. L’occasion de croiser le chemin de Claire, la soeur du chanteur engagé disparu il y a déjà un peu plus de 25 ans. Une femme combative, toujours à la tête de l’association Daniel-Balavoine.

Répondons tout de suite à la question. Si le nom de Daniel Balavoine a été choisi pour dénommer la rue principale du Domaine du Pavé d’Emmerin (à l’angle de la rue Guy-Môquet) c’est parce qu’il fut « un chanteur engagé, tant par ses chansons que par ses actes » et connu « pour ses engagements humanitaires. Il a été un porte-parole de la jeunesse, sensible aux idées de gauche, militant de la première heure au sein de SOS Racisme et parrain des Restos du coeur, refusant toujours toute récupération politique. » Voilà pour le côté officiel.

Vendredi, Daniel Rondelaere a donc reçu Claire Balavoine, la soeur du chanteur disparu en 1986, à l’âge de 34 ans. Ensemble, ils ont dévoilé la plaque de la « rue Daniel-Balavoine » et fait quelques pas dans ce que le maire veut appeler « un nouveau quartier », né sur la friche de l’usine Suroy ( lire ci-dessous). D’ordinaire, la « jeune vieille soeur » de Daniel, comme elle se qualifie elle-même avec humour, est méfiante vis-à-vis d’un monde politique auquel elle a du mal à faire confiance : « Il y a trop d’écart entre ce qu’ils disent et ce qui se passe. Certaines communes suspectes s’approprient le nom de Daniel par pur intérêt politique. Je suis méfiante. Personne ne peut m’acheter.» Mais cette fois, la présidente de l’association Daniel-Balavoine a accepté l’invitation qui lui avait été adressée. Une petite balade, bras-dessus, bras-dessous avec le maire et le député Bernard Roman (tous les deux PS) lui a sans doute permis d’entrevoir les efforts faits par la ville en faveur du logement social.

La musique,pas les discours

Ce fut aussi l’occasion, pour Claire Balavoine, de rappeler qui était son chanteur de frère et l’héritage humaniste, mobilisé pour l’Afrique, qu’il a laissé. « Daniel était avant tout un homme engagé, qui se destinait à la politique mais qui s’est rapidement rendu compte qu’il n’y avait pas assez d’humanisme dans ce milieu et qu’il fallait mieux faire passer son message par la musique que par des discours. L’association est née en 1986 après son accident. Nous n’avons jamais appelé personne à nous rejoindre, elle a pris vie grâce à tous ceux qui voulaient poursuivre son action.» Vingt-cinq ans après, l’association Daniel-Balavoine poursuit l’action voulue par le chanteur : monter des partenariats pour soutenir des projets de développement agricole et scolaire au Mali, « auprès de populations, comme les Touaregs, qui bientôt, j’espère, vont s’en sortir par eux-mêmes.» On est peut-être loin de Loos, mais pas loin du coeur.

lundi 19.09.2011 – La Voix du Nord

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