La retraite à 60ans : un acquis du aux salariés

En mai 2008, Nicolas Sarkozy réaffirmait un engagement fort de sa campagne : l’âge du départ à la retraite ne sera pas remis en cause. Juin 2010, le couperet est tombé. L’âge de départ à la retraite sera de 62 ans en 2018. La durée de cotisation passera de 40 à 41.5 ans.

Ce projet de réforme est injuste. Alors que la prise en compte de la pénibilité semblait faire consensus, elle ne sera pas prise en compte. Pour avoir le droit de partir un peu plus tôt, il faudra prouver que l’on n’est plus apte à travailler. Autrement dit il faudra assurer que l’on ne profitera pas trop longtemps de sa retraite… En augmentant la durée de cotisation et en retardant l’âge légal de départ à la retraite, le gouvernement fait porter l’effort uniquement sur les salariés. Les cotisations imposées au capital sont des petites mesurettes. Le gouvernement a indiqué qu’il fallait trouver 40 milliards d’euros pour 2020. Or seuls 1,7 milliards ont été demandés aux revenus du capital et du patrimoine, 2 milliards aux entreprises. Rien n’a été demandé aux banques et aux établissements financiers.

Cette réforme est injuste, elle est aussi inefficace. Dans le contexte économique actuel, alors que les jeunes connaissent des difficultés à s’insérer sur le marché du travail, alors que les séniors en sont souvent exclus, augmenter la durée de cotisation c’est avant tout baisser les pensions. Les mesures annoncées ne permettront pas de pérenniser le système de retraite par répartition. Ceux qui auront les moyens s’assureront une retraite complémentaire grâce à la capitalisation, les autres qui auront déjà travaillé durement et longtemps n’auront pas le droit à une retraite décente. Cette réforme est irresponsable, elle est un coup dur porté à un des piliers de notre République : la solidarité intergénérationnelle.

Nous vivons plus longtemps. Ce constat est une chance. Une chance… ? Cette chance nous la devons à notre régime de sécurité sociale qui a permis d’améliorer notre santé, cette chance nous la devons à la baisse du temps de travail, cette chance nous la devons à notre système de retraite. Vivre plus longtemps n’est pas une chance, c’est un acquis. Un acquis de hautes luttes. Un acquis auquel nous tenons.

Les retraites, c’est un choix de société. Les retraités ne sont pas inutiles. Ils ne sont pas une charge pour la société. Ils sont nombreux à profiter de leur temps libéré pour s’impliquer dans des associations, s’impliquer dans la vie de leur commune ou plus simplement pour s’occuper de leurs petits enfants. Les retraités sont des créateurs de bien être.

Bien sûr lorsque les socialistes reviendront aux responsabilités, nous reviendrons sur cette réforme. Mais en attendant nous devons agir et réagir. Tous les français sont concernés. Sur un sujet de cette importance les citoyens doivent être entendus. Il faut un referendum. Le jeudi 24 juin nous serons dans la rue pour défendre les retraites. Pour être entendus, nous devrons y être nombreux.

Didier MANIER

Une réflexion au sujet de « La retraite à 60ans : un acquis du aux salariés »

  1. ce texte est à la fois une présentation complète des enjeux et une admirable synthèse des problèmes. si en 1981 F MITTERRAND et P MAUROY ont porté l’àge légal de la retraite à 60 ans, c’est bien parce que l’espérance de vie des ouvriers et employés était peu supérieur à 67 ans, une retraite à 65 ans ne laissaient que peu de temps à se reposer. le cynisme est de brandir une hausse de cette espérance de vie pour justifier de travailler plus longtemps, sans dire qu’il s’agit d’une moyenne et d’une projection statistique qui ne bénéficie pas forcément aux manuels, et que cette espérance est aussi une conséquence bénéfique de la retraite à 60 ans.il faut mettre un point d’arret à la destruction des acquis sociaux et du système social français.

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