Le conseil cantonal de concertation dans la presse

À Villeneuve-d’Ascq, le conseil général s’ouvre à la démocratie participative

Après Lille Sud-Ouest et avant Tourcoing Nord, la métropole a installé, mardi soir au Forum départemental des sciences de Villeneuve-d’Ascq, un nouveau conseil cantonal de concertation (CCC). Riche de 53 membres, la nouvelle instance est composée d’élus, de représentants des quartiers et de simples citoyens, désignés par tirage au sort (ils étaient 160 postulants !). Coprésidée par Didier Manier (PS) et Monique Lempereur (DVG), elle couvre les deux cantons de la ville.

L’initiative répond à l’un des engagements formulés par Patrick Kanner avant de prendre les commandes du Département : permettre aux citoyens de s’exprimer directement sur les politiques du conseil général, à travers des assemblées consultatives. Le nouveau président a ainsi confié une mission « Démocratie participative » à Jocya Vancoillie, dans le but de faire éclore des « CCC » dans les 79 cantons du Nord (sauf regroupement comme à Villeneuve-d’Ascq).

La composition et le mode de fonctionnement varient selon les choix des conseillers généraux et d’éventuels particularismes locaux. À Villeneuve-d’Ascq, par exemple, Didier Manier et Monique Lempereur ont opté pour une stricte parité hommes-femmes et une représentativité de tous les quartiers. Les participants sont invités à débattre des dossiers présentés par des techniciens du Département et mis en perspective par les élus. La suite ? L’assemblée n’a bien sûr aucun pouvoir de décision, mais offre l’espoir pour les conseillers cantonaux d’être entendus et, pourquoi pas, relayés. C’est en tout cas l’ambition du site internet jeparticipe.cg59.fr, créé dans le sillage des « CCC ».

Pour éviter, sans doute, qu’une belle idée ne se transforme en un « machin » de plus.

Voix du Nord – 31/05/2012 – Edition Lille métropole

À peine installé, le conseil cantonal de concertation suscite déjà des attentes

C’était l’une des propositions de Patrick Kanner avant de prendre les rênes du Département, en mars 2011. La mise en place de conseils cantonaux de concertation prend forme progressivement. Mardi soir, Didier Manier et Monique Lempereur ont officiellement installé l’instance de 53 membres représentant les deux cantons de Villeneuve-d’Ascq. Purement consultative, l’assemblée aura à s’exprimer, selon ses choix, sur des dossiers mis en oeuvre par le conseil général du Nord.

> Nadine Callewaert-Welcome, 59 ans, fonctionnaire. « Je ne pensais pas être tirée au sort », sourit celle qui a postulé parmi 160 autres candidats. « Je voulais participer pour être au courant de ce qui se passe dans mon canton », justifie la Villeneuvoise. Elle siégera pour la première fois au sein d’une instance citoyenne. Un rôle à prendre au sérieux ? « Bien sûr, sinon je ne l’aurais pas fait ! », tranche la riveraine du quartier du Château. J’ai plutôt une bonne image du conseil général, même si le sujet du jour, les travaux d’accès au Grand Stade, ne sont pas ma tasse de thé ». L’absence de pouvoir de décision ne génère pour elle « aucune frustration. Il y a d’autres institutions pour cela. Il ne faut pas tout confondre ». Pour le reste, c’est à dire l’utilité de ce genre d’assemblée, « il est trop tôt pour le dire, mais j’ai une bonne impression, c’est bon enfant ».

> Antoine Lejeune, 31 ans, architecte d’intérieur. Il n’est pas novice en politique puisqu’il est engagé dans l’association Alternatives de Florence Bariseau (UMP), mais Antoine Lejeune se présente d’abord comme coordinateur adjoint du conseil de quartier de la Cousinerie. Entre les deux organes de démocratie participative, le cousinage est évident. « Le conseil cantonal est un bon prolongement pour relayer les préoccupations du quartier, pour échanger des informations aussi. Beaucoup de dossiers sont du ressort du Département. » Pour autant, le jeune « conseiller cantonal » ne s’imagine lui non plus dans la peau d’un vrai conseiller général. « Je ne suis passûr que nos avis soient très importants, sourit le créateur de lieux de vie, j’attends de voir comment va s’exercer cette participation des habitants ». Déjà confronté au conseil général dans le cadre de son travail, Antoine Lejeune « n’a pas besoin de découvrir » les compétences du Département. Mais il est guidé par l’envie de mieux en comprendre les arcanes. Le conseil cantonal de concertation est-il le bon outil pour cela ? « Faisons confiance à Didier Manier et à Monique Lempereur pour que ça marche », glisse, beau joueur, le militant de droite.

> Christophe Bonnard, 37 ans, enseignant. Lui aussi est coordinateur adjoint d’un conseil de quartier, au nord de la ville.

D’où l’envie de balayer un spectre plus large que celui de la commune pour appréhender les dossiers dans toutes leurs dimensions. « On se rend compte que beaucoup de projets relèvent de compétences dépassant le cadre de la ville, analyse le jeune prof. C’est intéressant de pouvoir exposer directement ses points de vue et de se faire entendre » Jusqu’à quel point ? Au terme de la séance initiale, Christophe semble plutôt réservé. « Discuter comme cela à 53, sans commission spécifique, cela me paraît ambitieux. Je suis circonspect sur l’efficacité de ce genre de réunion plénière. On a déjà pu voir que les questions étaient d’un niveau, disons hétéroclite (sourire). » En clair, l’idée de départ est bonne, mais le fonctionnement reste à trouver. Au risque de voir le conseil cantonal de concertation rester au stade « de l’artifice politique », selon l’expression de Christophe Bonnard. « C’est un peu la même chose pour les conseils de quartier : plus l’attente est grande, plus grande peut être la déception ». Le challenge est posé. •

Voir également le site internet de la Mission démocratie participative du conseil général : jeparticipe.cg59.fr

La Voix du Nord – 31/05/12 – Edition Villeneuve d’Ascq

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