Les aides au logement responsables de tous les maux ?

Depuis quelques semaines un débat s’instaure sur le coût et l’utilité ou non des aides au logement.

Nous devons éviter comme toujours les propos à l’emporte-pièce et le danger d’une approche purement budgétaire.

De quoi parle-t-on ?

Les aides au logement représentent 30 milliard d’euros dont 19 pour l’APL (aide personnalisée au logement). Parmi ces aides, 43 % des bénéficiaires touchent l’APL , 37 % l’ ALS ( allocation logement Social ), 20 % l’ ALF ( allocation logement familial).

6,5 millions de foyers touchent donc l’APL dont 3 millions dans le parc social. Cela représente 21 % de la population et 13,5 millions de personnes.

Parmi les allocataires de l’APL, 60 % vivent sous le seuil de pauvreté et 80 % touchent moins que le SMIC !

800 000 sont des étudiants, soit 40% des allocataires. Faut-il rappeler qu’un quart de ces étudiants vivent sous le seuil de pauvreté et que 100 000 travaillent à mi-temps pour payer leurs études ! Le budget logement prend la moitié du budget mensuel d’un étudiant.

Rappelons également que les résidents en foyer EHPAD peuvent êtres allocataires de l’APL .

Le gouvernement souhaite aujourd’hui baisser de 5 euros par mois les APL. Si cette mesure devait se confirmer il y aurait 50 000 bénéficiaires en moins.

Des parlementaires estiment que l’effort demandé est indolore car limité à 5 euros par mois et donc 60 euros par an. Comme le rappelait Thierry Repentin, c’est méconnaître la réalité de milliers de familles précarisés pour qui ces 5 euros constituent une journée de reste à vivre !

Par ailleurs, rappelons que les APL ne sont pas versées si elles sont inférieures à 15 euros par mois. Par conséquent toutes les familles qui perçoivent jusqu’à presque 20 Euros par mois en seront privées avec la réforme annoncée qui les fera passer sous la barre fatidique des 15 Euros… Il s’agit alors pour ces familles d’une perte sèche de 230 à 240 euros par an !

Évidemment cette mesure toucherait les plus modestes, cette proposition est donc injuste et souffre de la comparaison avec les cadeaux faits dans le même temps aux contribuables soumis à l’ISF…

Nous le savons les APL jouent un rôle d’amortisseur économique et social. Rien ne prouve qu’une baisse mécanique des APL provoquerait une baisse des loyers.

Même si pour une minorité de propriétaire l’allocation peut représenter un effet d’aubaine, cela reste marginal. Évitons les généralisations, tous les propriétaires ne sont pas de vils spéculateurs.

Nous sommes aujourd’hui dans l’attente d’une loi logement pour l’automne, espérons que le Gouvernement et le législateur aient ces données en tête.

Didier Manier
Président de Lille Métropole Habitat

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