« Ma légitimité, je ne la dois qu’à mon parcours militant, depuis mes 17 ans »

Victor Burette l’a emporté d’une courte tête : 115 voix contre 113 à Olfa Laforce, et une abstention. (crédit photo Voix du Nord)
Coup de tonnerre au sein de la section socialiste villeneuvoise. Jeudi soir, Victor Burette a été élu secrétaire, à seulement 24 ans. Une victoire sur le fil, à deux voix près, sur 229 votants. Et un nouveau coup dur pour Olfa Laforce, aux commandes de la section depuis douze ans : en décembre 2011, à l’heure des investitures pour la 2e circonscription, les militants lui avaient déjà préféré Audrey Linkenheld…

Le Visage de l’actualité – Victor Burette – Nouveau secrétaire du PS villeneuvois

– Le PS local a connu des secousses sur fond de querelles personnelles. Comment s’est passée l’élection, jeudi soir ?

« J’ai le sentiment que les choses se sont apaisées depuis les législatives. Il y d’abord eu un débat lundi, entre Olfa et moi, qui s’est déroulé dans de bonnes conditions. Jeudi, c’est Roger Vicot (NDLR: maire de Lomme), en tant que secrétaire fédéral, qui a présidé au vote. Je peux comprendre que le coup a été rude pour Olfa. Mais je veux saluer le travail qu’elle a effectué depuis douze ans, notamment après 2008 et notre échec aux municipales. Le PS est la première force politique à Villeneuve d’Ascq. »

– Le score est très serré… C’est le signe d’une section divisée ?

« Non, c’est le signe d’une section libre où il y a des débats et on aime débattre passionnément. Et puis, les scores serrés, il faut croire que c’est une tradition à Villeneuve d’Ascq : en décembre 2011, Audrey Linkenheld l’a emporté sur Olfa Laforce de seulement 2 voix. Et on m’a raconté que quand il s’est agi de remplacer Gérard Caudron à la tête de la section, cela s’était joué à trois voix près entre Didier Manier et Jean-Michel Stievenard. »

– Vous apparaissez comme le poulain de Didier Manier. Vous êtes là pour lui préparer le terrain ?

« J’ai une relation de confiance avec Didier Manier, dont j’ai été le directeur de campagne pour les élections cantonales de 2011. Mais mon élection, je ne la dois qu’à mon engagement militant. J’ai adhéré au PS et au MJS à l’âge de 17 ans, et depuis, j’ai été de tous les combats et de toutes les campagnes. Quant à préparer le terrain à Didier Manier pour les municipales de 2014, nous n’en sommes pas là. Rien n’est tranché. Ni lui, ni Olfa, ni Jean-Michel Molle (NDLR: les trois conseillers municipaux socialistes) ne sont candidats pour l’heure. Je rappelle que nous ne sommes pas dans l’opposition et que nous sommes plutôt d’accord avec la politique de Gérard Caudron. Nous n’en faisons pas moins des propositions, par la vois d’Olfa. L’heure est pour l’instant à monter le projet socialiste pour la ville. Après, on discutera avec le Rassemblement citoyen et les autres partenaires de la gauche. Et on verra quels sont les échos. Mais au final, ce sont les militants qui trancheront. »

– 24 ans, ce n’est pas un peu jeune pour une si grosse section ?

« De par mes fonctions au sein du MJS, j’ai une certaine expérience. Et puis, je vais mettre en place une organisation collective, avec cinq secrétariats thématiques, composés de toutes les sensibilités de la section. Pas question de me mettre à une tribune, l’animation des débats sera tournante. En fait, je me vois comme le capitaine d’une équipe : c’est lui qui met du lien, de la confiance, mais c’est rarement le buteur ou la star de l’équipe. Certes, je suis jeune, paraît-il le plus jeune secrétaire de section du département. Mais je vais pleinement m’investir car je n’ai pas d’autre mandat électif. Ma campagne, je l’ai d’ailleurs faite en partie sur le non-cumul des mandats. »

Un engagement précoce

Né à Flers, Victor Burette n’a jamais quitté Villeneuve d’Ascq. Il habite aujourd’hui le quartier Château. Dès le collège, à Léon Blum, au contact d’enseignants, il sent nettement son coeur pencher à gauche. En terminale, il s’engage dans la bataille contre le CPE (contrat premier emploi). « A Saint Adrien, on n’était pas très nombreux », note, ironique, cet amateur de rugby.
Aptrès des classes prépa littéraires, Victor Burette s’inscrit en sciences politiques à Lille II. Et en 2006, il adhère au MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) et au PS. A ce titre, il sera très actif localement dans la campagne de Ségolène Royal. En 2008, à la demande de Jean-Michel Stievenard et de Didier Manier, il accepte de figurer sur leur liste aux municipales, en 25ème position sur 49. Au même moment, à la fac de droit, il s’implique aussi dans le syndicalisme étudiant, sous la bannière de l’UNEF. Il fera partie du collectif contre la réforme universitaire et organisera dans ce cadre des débats avec les élus locaux.
Victor Burette sera de ceux qui créeront la section MJS de Villeneuve d’Ascq. En 2009, il est élu au comité de coordination régionale du mouvement. L’année suivante, on l’a dit, il sera directeur de campagne du conseiller général Didier Manier. Aujourd’hui, celui qui était pro-Aubry pendant les primaires se pose en rassembleur de la section locale. Et il l’assure, les adhérents sont en majorité pour l’apaisement. Un post sur sa page Facebook qui tacle son adversaire ? Un mail reçu à la rédaction pour dénoncer un putsch anti-Olfa Laforce ? Pff… : des réactions à la marge. Selon celui qui est depuis peu attaché territorial au conseil général, le changement au PS villeneuvois, c’est maintenant. Si, si.

Par Virginie Boulet

Source Voix du Nord
Edition Villeneuve
17.11.2012

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