Malade pas vraiment imaginaire, le collège Molière sera retapé d’ici à 2013

Le conseil général a décidé de ne pas jouer à l’avare mais plutôt au médecin volant pour venir au chevet de ce collège bâti en 1972. Alerté par le conseil d’administration, le Département du Nord va consacrer 5,7 M E de travaux pour réhabiliter cet établissement qui supporte mal les marques du temps.

Par Carine Bausière

« Bon droit a besoin d’aide », peut-on lire dans La Comtesse d’Escarbagnas. Didier Manier, conseiller général du secteur qui endosse le rôle de bourgeois gentilhomme pour l’occasion, l’assure : « Il fallait programmer des travaux en profondeur dans ce collège. Avant les vacances d’été déjà, l’an dernier, lors d’une visite, nous avions constaté des problèmes récurrents, dans les loges par exemple, ou dans les bâtiments extérieurs qui n’étaient plus de bon aloi. » C’est que le collège vieillit. Assez mal. Depuis 1998, plusieurs chantiers ont déjà été menés, financés par le Département : rénovation de la demi-pension (près d’1M E), des menuiseries (200 000 E) et aussi des installations thermiques (230 000 E). Malgré cela, l’établissement restait un gouffre financier qui a englouti en douze ans plus de 4 M E de ce que l’on appelle pudiquement des travaux de grosses réparations et d’entretien.
Partant du principe que « quand on sait entendre, on parle toujours bien », une maxime chère aux Femmes savantes, M. Manier a donc annoncé une bonne nouvelle il y a quelques jours. Le collège Molière est intégré dans un programme du conseil général en matière d’économie d’énergie. Le lancement de la consultation de la maîtrise d’oeuvre est prévu en avril. Les travaux, eux, ne devraient commencer qu’à l’été 2012 pour une durée de dix-huit mois. En décembre 2013, l’établissement aura fait peau neuve : exit les préfabriqués, place à une surface d’enseignement revue et corrigée pour être adaptée à ses 500 élèves, y compris ceux à mobilité réduite.
La consommation énergétique sera également revue à la baisse grâce à une meilleure isolation, au remplacement des menuiseries extérieures et au double vitrage. Un aménagement paysager viendra clore ce chantier qui, selon Didier Manier, « va donner un tout autre visage au collège ». Ce, malgré la menace de fermeture de deux classes qui plane actuellement. « C’est effectivement une antinomie, grince l’élu.
Heureusement que le conseil général ne tient pas compte des décisions du ministère de l’Éducation nationale et de madame le recteur. Sinon, nous gagnerions de l’argent ! » « En ces temps de campagne, les langues ont toujours du venin à répandre », se serait amusé le Tartuffe. Qui constaterait aussi, avec ironie, que ce chantier tombe à pic pour le conseil général. Espère-t-il, secrètement, un « remerciement au roi » dans l’isoloir, mi-mars ?

La Voix du Nord

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