Militants et ténors aux petits soins pour Audrey Linkenheld

Martine Aubry et le duo Linkenheld-Manier, "très complémentaire".
Les militants socialistes, qui ont rempli à ras bord la salle Masqueliez, mardi soir pour la réunion publique de soutien à Audrey Linkenheld, ont eu du mal à faire le tri dans leurs sentiments. Que retenir d’un tel foisonnement ? Gérard Caudron, qui s’avance sur la scène avec une timidité inhabituelle, pour confesser « l’émotion du militant de gauche, du militant socialiste qui a envie de participer à l’espoir commun ».

Un retour dans la famille, ou presque, pour celui qui serait accueilli « à bras ouverts », selon Martine Aubry, s’il décidait d’en faire le choix. Bernard Derosier, qui quitte la scène de façon symbolique, « car c’est manifestement ma dernière prise de parole publique devant des électeurs ». Le voilà qui remercie à tout va, Martine Aubry comprise. Une page se tourne, celle de l’incompréhension. Le public se lève pour applaudir à tout rompre le député sortant.

Audrey Linkenheld se hisse jusqu’au micro. « Je suis vraiment une jeune pousse », s’amuse la candidate de 38 ans avant de dérouler un discours parfaitement calibré. « Nous voulons mettre la force collective du socialisme au service de l’épanouissement de chacun dans une société apaisée », théorise celle qui s’imagine en « première de cordée ». Elle aussi s’épanche, une fois n’est pas coutume, en évoquant un père ouvrier en imprimerie, « encore au travail, aux trois-huit, à plus de soixante ans ». C’est dans de tels exemples qu’elle puise la conviction de répondre « à tous ceux qui doutent que la politique peut reprendre ses droits, si on en a la volonté ». L’air du temps, déjà, a changé, se félicite Audrey Linkenheld. « À chaque annonce gouvernementale, c’est comme un vent de liberté qui souffle. L’ambiance a changé, c’est plus serein ». Mais tout cela n’est qu’une étape « car, maintenant, il faut gagner la deuxième manche, donner à la gauche une majorité à l’Assemblée nationale ». Message reçu cinq sur cinq par les militants, galvanisés par les dernières semaines.

Gare à la démobilisation, lance pourtant une Martine Aubry gonflée à bloc. Est-ce l’hommage appuyé rendu à Gérard Caudron, « l’un des plus grands députés européens que nous ayons eu, dit souvent mon père » ? Ou bien la paix des braves avec Bernard Derosier, « l’un de ceux qui m’a accueillie le plus chaleureusement dans le Nord, un immense député » ? Toujours est-il que la première secrétaire a l’âme légère pour exprimer « la fierté de voir une France qui ne se couche pas devant des intérêts spéculatifs ». Du punch aussi pour railler ces patrons qui gagnent en un an « 84 années de SMIC ». L’expérience, enfin, pour rappeler que si la droite est divisée, « ceux qui ont des intérêts à défendre iront voter, croyez moi. »

Laurent Watiez
jeudi 7 juin 2012
Voix du Nord

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