Nord : l’opposition crée la surprise en votant le volet « recettes » du budget

| CONSEIL GÉNÉRAL DU NORD |

Cas de figure inédit hier dans l’hémicycle. L’opposition départementale s’est jointe aux groupes socialiste et communiste pour une adoption à l’unanimité du volet « recettes » du budget 2012.

Petit rappel à l’usage des non-initiés au conseil général du Nord, la gauche est largement majoritaire tandis que l’opposition est représentée par le groupe Union pour le Nord (UPN) qui regroupe des élus centristes, divers droite ou UMP. Mais hier, les repères étaient un peu brouillés.

Pour la première fois, l’opposition a voté le volet « recettes » du budget 2012 qui repose notamment sur une pause fiscale, un maintien des investissements et une stabilité de la dette (notre édition d’hier).
Abstention demain

« C’est une décision unanime de notre groupe, ce budget marque un virage avec, pour la première fois, une meilleure maîtrise des dépenses de fonctionnement », résume Jean-René Lecerf. Le sénateur UMP, porte-parole de l’opposition, confie : « J’essaie de ne pas voter en fonction de considérations de politique nationale, je me demande si nous ferions autre chose si nous étions aux commandes. » Cette attitude contrarie la gauche nordiste qui s’emploie à durcir les clivages et les débats à cinq mois de la présidentielle mais elle pourrait aussi indisposer l’UMP « pure et dure » au niveau national.

L’unanimité inédite d’hier ne signifie pas que l’opposition votera le budget global demain soir. C’est l’hypothèse d’une abstention finale qui tient la corde à droite. Jean-René Lecerf fait en effet état de divergences sur les moyens (jugés insuffisants) alloués au RSA, ceux (jugés trop importants) du SDIS et suggère le non-remplacement systématique des départs en retraite. Une vraie pomme de discorde.
Punching-ball

Hier, avant le vote unanime, les élus de gauche ont pourtant tout fait pour éviter l’encombrant soutien de l’UMP et échapper au consensus général, en cognant sur la politique gouvernementale comme sur un punching-ball.

Premier round : le vice-président aux finances, Bernard Haesebroeck (PS), prend à rebours l’échelle de valeurs des agences de notation. Il décerne à l’opposition départementale un triple A en la taxant « d’arbitraire, d’amnésie et d’aveuglement » après avoir accordé au budget préparé par la gauche un triple C « comme cohérence, crédibilité et conviction ». Après avoir rebaptisé l’UPN « Union pour que paient les Nordistes », il rappelle que le décalage entre les dotations d’État, désormais gelées, et les compétences confiées par celui-ci au Département atteint désormais 360 millions d’euros.

Second round, Didier Manier, le président du groupe PS, enfonce le clou sur la situation nationale : « C’est à la droite de partir, elle a perdu le triple A, a endetté la France. » L’élu PS dénonce « un hold-up du gouvernement sur le budget des collectivités locales ».

Charles Beauchamp, président du groupe communiste, ajoute une série de crochets du gauche : « Le gouvernement exige de la population des sacrifices sans limite, sans jamais mettre à contribution les privilégiés. » Le porte-parole du PC réclame e ncore et toujours les deux milliards d’euros correspondant à « la dette de l’État aux Nordistes »depuis 2004.

Patrick Kanner, dont c’est le premier budget en tant que président, s’interroge sur le vote favorable « un peu schizophrénique » de son opposition à laquelle il lance : « Vos amis ont plongé le pays dans une forme de désastre économique. » •

La voix du Nord – 20 décembre 2012

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *