Partenord Habitat met le cap sur la réhabilitation énergétique de son parc

Un an après son arrivée à la tête de l’office public de l’habitat du Nord, Christophe Bécuwe présente sa stratégie «Cap 2020». La rénovation thermique de 12 000 logements est son premier défi.  

Christophe Bécuwe imprime sa marque au bailleur social  du Nord. Son prédécesseur, Charles Montécatine, était un constructeur. Il sera rénovateur !  Le projet d’entreprise « Cap 2020 », présenté aux équipes et partenaires par son président,  Didier Manier, premier vice-président du Conseil général du  Nord, vise à « lancer une nouvelle histoire de l’office, qui boucle ses grands programmes de rénovation urbaine pour amorcer l’ère de la rénovation thermique ».

Le chantier qui s’annonce est aussi important que l’Anru. « Pour la rénovation urbaine, nous aurons investi 430 millions d’euros, et pour la rénovation thermique de notre parc. nous estimons qu’il faudra mobiliser 370 millions d’euros », précise-t-il. Sur les 42000 logements gérés dans le Nord par le bailleur, 11500 présentent une étiquette E, F ou G. Ce ratio, pas si mauvais comparé à celui d’autres bailleurs, est la marque d’un parc bien maintenu : « Nous avons toujours eu un gros budget de maintenance, de l’ordre de 40 millions d’euros par an depuis les années 1990 », se félicite Christophe Bécuwe.

Avec un patrimoine d’un âge moyen de 35 ans, il fallait bien cela. L’année 2014 sera donc une année de transition qui devrait porter le programme de réhabilitation (hors maintenance) à près de 35 millions d’euros par an pendant dix ans. L’enjeu est considérable: « II faudra traiter 1200 logements par an pour tenirnotre objectif », précise le nouveau directeur de la maîtrise d’ouvrage, Philippe Collart, revenu chez Partenord après un parcours de dix ans en entreprise. D’un point de vue technique, Partenord vise l’étiquette C, soit 120 kWh/m2.an.

Logements étudiants. Mais Partenord ne fait pas une croix sur la construction neuve. Une convention avec le Conseil général du Nord oriente ses investissements dans les territoires non couverts par des agglomération délégataires des aides à la pierre. Quatre-vingt-dix logements en zone rurale par an sont donc programmés dans ce cadre. Pour le plan Campus, Partenord s’est engagé à flécher « 27 millions d’euros sur le logement étudiant pour construire 1000 logements sur un besoin global estimé à 2000 unités », précise Christophe Bécuwe. Partenord travaille avec le Crous pour concevoir des studios de 20 m2 loués 160 euros par mois pour étudiants boursiers. «C’est un sujet complexe, car difficile à rentabiliser. Nous ferons des lots importants, jusqu’à 200 logements par résidence, essentiellement en métropole lilloise. » Des sites sont identifiés, tous à Villeneuve-d’Ascq. Sur la Cité scientifique, un terrain de l’Etat pourrait accueillir 300 logements. L’emprise du collège Léon-Blum déconstruit, un foncier communautaire, permettrait de construire une opération mixte de 212 logements, dont 100 étudiants. Enfin sur le boulevard de l’Ouest, une résidence pour 200 étudiants pourrait voir le jour.

Baisser les coûts. Le bailleur, qui tient un rythme de 400 logements neufs par an, souhaiterait s’engager sur 1000 par an. Christophe Bécuwe pose deux conditions : la libération du foncier et la digestion, par la filière du bâtiment, des normes techniques. « Nous travaillons à dégager des coûts de construction compatibles avec le niveau de nos loyers », explique Philippe Collart, qui espère pouvoir faire revenir le coût moyen à 1100 euros/m2 de surface habitable HT, contre 1280 euros aujourd’hui.

Source : Le Moniteur des TP

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