Résidence Mahieu : on ne peut pas dire qu’il soit blême, ce HLM !

D’une pierre deux coups. Ce que Partenord et les élus armentiérois ont réussi à faire ici, à la résidence Mahieu, est exemplaire.

Et, mardi soir, lors de l’inauguration, tout le monde l’a salué, Didier Manier, président de Partenord, et Bernard Haesebroeck en tête. Mais aussi les locataires HLM qui ont la chance d’habiter ici. En même temps qu’on a sauvé un site emblématique de la ville, on a étoffé l’offre de logements sociaux d’Armentières, qui plus est, dans un cadre magnifique.

Depuis octobre 2005, mois où les 90 derniers pensionnaires de l’Hospice Mahieu, dépendant depuis 1972 de l’hôpital d’Armentières, ont déménagé vers la résidence Françoise-de-Luxembourg, les Armentiérois se demandaient ce qu’allaient devenir ce beau bâtiment et son superbe parc de la rue Denis-Papin. Parmi ceux qui se posaient la question, il y avait Caroline Gombert, qui chaque jour, en allant conduire son fils Simon à l’école Saint-Édouard-Saint-Bernard, voyait le panneau « à vendre » sur les grilles de la belle demeure. « Je n’aurais jamais pu imaginer que quelques années plus tard, j’allais y habiter » résume-t-elle alors qu’elle fait découvrir son appartement du rez-de-chaussée, où elle a emménagé la semaine dernière. « C’est super, ajoute Simon, aujourd’hui âgé de 11 ans et demi. Parce que je suis tout près de Saint-Jude, que j’habite près de chez mes copains ! ». « Et imaginez, comme ça va être bien en été, quand les enfants pourront jouer dans le parc », reprend Caroline Gombert. « J’ai impression d’être une châtelaine » dit-elle en riant alors qu’elle se promène dans « son » parc. Être châtelaine pour le prix d’un loyer de HLM, c’est à dire, dans son cas, 402 E pour un T3 plus 130 E de charges, c’est ce qu’aura permis cette belle opération. « Certes, une opération comme celle-là coûte plus cher – entre 15 et 20 % – qu’une construction neuve, précise le directeur général de Partenord, Christophe Becuwe, mais ça vaut le coup, non ? ».

Didier Manier, le président de Partenord et premier vice-président du conseil général, ajoute : « Cela fait partie aussi de nos missions, à nous office public de HLM, de contribuer à la restauration de patrimoine remarquable. Et d’en faire des logements dotés de tout le confort moderne, qui, par exemple, répondent aux exigences du label THPE (très haute performance énergétique) ». Comme le souligne Bernard Haesebroeck, qui rappelle que rien qu’à Armentières, il y a entre 300 et 400 demandes de logements, cette opération favorise la mixité sociale en centre-ville.
Une belle idée que n’aurait sans doute pas reniée Auguste Mahieu, qui à l’image d’autres industriels « sociaux » de son époque comme Jean-Baptiste Godin, père du Familistère de Guise, a été guidé, lui aussi, par un esprit qu’on disait alors « charitable » en finançant sur ses deniers la construction de cet ensemble immobilier « au profit des malades et vieillards indigents ».

Voix du Nord
édition Armentières
15 novembre 2012

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