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Les promesses électoralistes n’engagent que ceux qui y croient !

Lors de la campagne des élections départementales de janvier 2015, le candidat Jean-René LECERF s’était engagé devant la presse à ne pas augmenter les impôts des contribuables nordistes…

Dès la première année de mandat, Jean-René LECERF, devenu Président du Conseil départemental, a annoncé une augmentation de 25,7% de la taxe sur le foncier bâti pour 2016. La recette se chiffre en année pleine à plus de 100 millions d’euros ponctionnés sur les ménages et les entreprises nordistes. Pour 1 000 euros de taxe foncière, les contribuables nordistes doivent acquitter chaque année 77 euros d’impôts supplémentaires… Force est de constater que la promesse n’a pas été tenue !

Parallèlement, la droite départementale a rogné les budgets des aides aux collégiens, supprimé la gratuité du transport scolaire, diminué le financement du Service Départemental d’Incendie et de Secours, baissé les crédits accordés aux associations et réduit les financements des établissements pour les personnes âgées, handicapées et l’aide sociale à l’enfance… Au total, le budget départemental a été amputé de 55 millions d’euros en 2015 et de 100 millions d’euros en 2016. Conclusion : les citoyens nordistes ont payé plus d’impôts pour moins de solidarité et de services publics !

Dans La Voix du Nord du 19 septembre, le Président LECERF, redevenu candidat (aux élections sénatoriales du mois de septembre), vient d’annoncer précipitamment une baisse de la

fiscalité en 2018, faisant d’une augmentation moins importante une baisse.
En clair, la droite continuera de ponctionner chaque année 50 millions d’euros supplémentaires sur les contribuables nordistes au lieu des 100 millions d’euros par an prélevés depuis 2016…

La déclaration de Jean-René LECERF tombe à propos… La promesse sera-t-elle tenue cette fois-ci ?

Pour l’instant en effet, elle n’engage que ceux qui y croient…

Communiqué de Didier Manier, Président du Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen au Conseil départemental du Nord 

Plan logement : danger pour les HLM !

Le Gouvernement a dévoilé les premières mesures de son Plan logement parmi lesquelles figurent une baisse des APL pour les bénéficiaires des logements sociaux qui pourrait atteindre une cinquantaine d’euros par mois.

Pour rendre cette baisse indolore, le Gouvernement souhaite imposer une baisse équivalente des loyers aux organismes HLM. Pour l’ensemble des bailleurs, cette baisse équivaudrait à une perte sèche de l’ordre de 1 à 2 milliards d’euros. Une somme colossale qui risquerait de mettre à mal les programmes en cours de construction de logements neufs, les réhabilitations et même l’entretien courant du patrimoine.

Tout ceci ne concerne bien sûr que le parc social. Aucune piste d’économies n’est, pour l’instant, envisagée pour le parc locatif privé, où les allocations logement financent pourtant des loyers toujours plus chers.

Un deux poids deux mesures qui est profondèment injuste et innaccpetable. Finalement, il s’agit de gaire payer au secteur HLM, dont les loyers sont réglementés et abordables, les excès et dérives des prix des loyers du parc privé. On marche sur la tête et ce sont les français les plus modestes qui, une nouvelle fois, en supporteront les conséquences.

Retrouvez ci-dessous la conférence de presse que j’ai donné à ce sujet en tant que Président de Lille Métropole Habitat avec Max-André Pick, Président de Partenord Habitat :

Retrouvez également ici mon interview dans la matinale de France Bleu Nord du lundi 18 septembre

 

Retrouvez ici l’article de La Voix du Nord – Face au plan logement les bailleurs sociaux LMH et Partenord Habitat montent au créneau

Assemblée Générale des collaborateurs de LMH : continuons à travailler dans la proximité et réactivité au service de nos clients locataires !

J’ai participé mardi après-midi au Colisée de Roubaix à l’Assemblée Générale annuelle des collaborateurs de Lille Métropole Habitat.

A cette occasion, j’ai pu rappeler les faits marquants de l’année 2016 : 

  • la nouvelle géographie des agences afin d’être plus réactif et efficace au service de nos clients locataires,
  • la revalorisation des loyers à la relocation en fonction de l’attractivité des résidences dans l’objectif de continuer d’améliorer l’entretien de notre patrimoine,
  • la signature de la Convention Intercommunale d’Equilibre Territorial avec la Métropole Européenne de Lille dans le but d’améliorer la mixité.

Mais j’ai surtout tenu à remercier le travail de terrain de nos 10 agences et l’ensemble de leurs collaborateurs car ce travail n’est pas facile et demande beaucoup de proximité et de réactivité.

Nous sommes dans une société de plus en plus exigeante et individualiste. Une société fragile aussi économiquement et socialement.

C’est tout le sens de nos missions. Il ne faut jamais oublier pour qui et pour quoi nous travaillons ensemble : loger des habitants de la métropole au meilleur coût, en leur assurant confort et tranquillité.

 

Didier Manier réélu à la tête de Lille Métropole Habitat !

Au 1er janvier 2017, la Communauté de communes des Weppes a fusionné avec la Métropole Européenne de Lille. Cette fusion a entrainé de nouvelles élections pour désigner l’exécutif de la MEL ainsi que ses représentants au sein les organismes associés.

Office métropolitain, LMH a lui aussi connu un renouvellement de son conseil d’administration. Nous avons ainsi accueilli 4 nouveaux administrateurs : Anne-Sophie BRANQUART, Hélène REZARD, Gäelle VELAY et David HUGOO.

Le 27 février, le conseil d’administration a choisi de me renouveler sa confiance. J’ai été réélu Président de LMH avec, à mes côtés, Régis CAILLAU et Henri DELIGNE, respectivement 1er et 2ème Vice-Président.

Avec 32 000 logements en 2016, LMH est le principal acteur en matière de construction et de réhabilitation de logements locatifs accessibles à tous sur la métropole.

Assurer la location, la gestion et l’entretien de ce patrimoine constituent le cœur de nos missions. Avec les équipes de LMH, nous partageons le souci d’une plus grande proximité et d’une plus grande réactivité pour répondre aux attentes de nos clients-locataires.

Au cours des prochains mois, avec le déploiement du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain, nous souhaitons continuer de conjuguer l’urbain à l’humain : construire plus et mieux en s’adaptant aux enjeux de confort des logements, d’ergonomie, d’économie d’énergie, de sécurité et de cadre de vie.

Enfin, dans le contexte économique actuel où le coût du logement pèse sur les familles, notre office public conserve des loyers parmi les plus attractifs du marché.

Département du Nord : un budget 2017 de continuité dans l’austérité !

A l’occasion du vote du budget 2017 du Département du Nord, je suis intervenu au nom du Groupe Socialiste, Radical et Citoyen pour dénoncer un budget de continuité dans l’austérité.

En 2017 comme en 2016, les Nordistes sont confrontés à la double peine : plus d’impôts pour moins de solidarités et de services publics !

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de mon intervention en séance plénière.

Mobilisé pour défendre nos Centres Sociaux : ma question en Séance Plénière du Conseil départemental

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Nous sommes interpelés par les Centres Sociaux du Nord qui sont confrontés aux désengagements financiers du Département.

De nombreux articles de la presse quotidienne régionale s’en font l’écho :

– La Voix du Nord édition Cambrésis du 1er décembre qui titre « Centres Sociaux mobilisés parce qu’inquiets pour leur budget » ;
– Nord Eclair du 4 décembre : « Armentières: le Centre Social Les 4-Saisons veut « charger » la boîte aux lettres du Département » ;
– le gratuit 20 minutes du 7 décembre : « Lille-Des Centres Sociaux s’inquiètent de la baisse de leur budget » ;
– également la Voix du Nord du Valenciennois du 9 décembre : « Dutemple, comme les 19 Centres Sociaux, craint pour l’avenir » ;
– enfin L’Observateur et La Voix du Nord du 11 décembre sur « les Centres Sociaux inquiets pour l’avenir ».

L’inquiétude règne dans les Centres Sociaux après les annonces de restriction budgétaire.

Chers collègues de la majorité, cette politique est la vôtre. Il vous faut l’assumer comme telle.

Je le dis car certaines déclarations font planer le doute entre les responsabilités de l’actuelle et de l’ancienne majorité.

Madame la Vice-Présidente Doriane BECUE, par exemple, prétend que la précédente majorité avait prévu de baisser le financement des postes AILE de 20%.

C’est faux Madame BECUE.

Nous n’avions pas prévu la baisse mais le plafonnement des postes AILE qui avaient tendance à augmenter chaque année. C’est écrit noir sur blanc dans le budget primitif pour 2015. Pour autant les 127 postes, les 37 postes de prévention jeunesse ainsi que les 336 postes de prévention de prévention spécialisée étaient bel et bien prévus et financés. Je l’avais confirmé à M Michel BRULIN, Président des Centres Sociaux du Nord par courrier en date du 20 janvier 2015.

Je rappelle également que c’est bien votre majorité qui a décidé, à l’occasion de la réunion du 12 octobre, de baisser de près de 10% l’enveloppe allouée pour l’animation globale des Centres Sociaux. Le Groupe SRC a voté contre car nous avons jugé que la décision n’allait pas dans le sens d’un maintien et d’une pérennisation des financements octroyés par le Département.

Aujourd’hui, nous sommes toujours aussi interrogatifs sur l’avenir du partenariat entre le Département et les Centres Sociaux du Nord.

Pour rappel, les Centres Sociaux ont toujours, historiquement, bénéficié d’un soutien exceptionnel et volontariste de la part du Département.

Nous les avons toujours soutenus car ils réalisent un travail de proximité indispensable en faveur des différents publics du Département.

Les Centres Sociaux sont les partenaires de nos politiques d’insertion, de prévention jeunesse, de petite enfance et de lutte contre toutes les formes d’exclusion.

En outre, fidèles au mouvement de l’éducation populaire, les Centres Sociaux portent les valeurs de dignité humaine, de solidarité et de démocratie que nous défendons toutes et tous dans cet hémicycle et dont nous connaissons l’importance ; particulièrement dans le contexte actuel.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous souhaiterions connaître vos orientations concernant le soutien aux Centres Sociaux du département qui ont des missions essentielles dans la période que nous vivons.

RÉSULTATS DU PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS RÉGIONALES A VILLENEUVE D’ASCQ : DIMANCHE 13 DÉCEMBRE, VOTONS POUR FAIRE BARRAGE AU FN

Dans la Région, le premier tour des élections régionales est un naufrage pour l’ensemble des partis républicains. Le FN totalise 40,64% des voix. La liste « Pour vous » conduite par Pierre de Saintignon n’arrive qu’en troisième position avec 18,12%.

Avec un mode de scrutin comme celui des élections régionales, face au FN qui réalise un score sans précédent, le retrait de la liste arrivée en troisième position est la seule réponse possible pour barrer la route à l’extrême droite au 2nd tour.

A Villeneuve d’Ascq, notre message doit être clair, net et sans ambiguïté : mobilisons-nous contre le FN en votant contre Mme Le Pen le dimanche 13 décembre au 2nd tour des élections régionales.

Les résultats de Villeneuve d’Ascq apparaissent comme une maigre consolation. La gauche résiste. Nos digues sont solides. Le FN ne gagne pas de terrain. La liste de rassemblement du PS avec Gérard Caudron arrive nettement en tête avec 33,4% des bulletins, bien devant la liste de Xavier Bertrand à 24% et celle du FN à 21,15%. Les scores s’inscrivent dans la lignée du premier tour des élections départementales du mois de mars quand nous totalisions 33,5%, la droite 24,04% et le FN 21,99% des suffrages.

Après les élections municipales et départementales, nous constatons une nouvelle fois que la division de la gauche est suicidaire.

Nous devons en tirer toutes les leçons pour les prochaines échéances.

Sur le plan national, la droite n’apparaît pas non plus véritablement en position de force.

Nous avons la confirmation du tripartisme dans notre pays. Nous passons d’une logique d’alternance à une logique de rupture au bénéfice seul du FN.

Aujourd’hui, le vote FN est le vote de toutes les colères. Prenons garde, la haine n’apporte que la haine.

Dimanche 13 décembre, faisons barrage au FN !

LMH : visite des résidences Van Gogh et Hôtel de Ville à Villeneuve d’Ascq

A mon arrivée à la présidence de Lille Métropole Habitat (LMH), j’ai souhaité mettre en place des visites de terrain régulières afin d’installer une proximité et un contact direct entre les locataires et la direction de LMH. La réactivité , le partage d’informations et la concertation sont des exigences importantes. Elles doivent être au coeur de notre fonctionnement.

J’ai ainsi eu l’occasion de visiter les résidences Van Gogh et Hôtel de Ville à Villeneuve d’Ascq en présence de Sébastien Costeur, Conseiller municipal délégué, d’Amélie Debrabandère, directrice générale de LMH et Claudine Baert, directrice d’agence. Le quartier représente près de 40% du patrimoine de LMH sur la commune soit 1 252 logements. En tout, 48 agents travaille sur les 23 résidences de Villeneuve d’Ascq.

La visite m’a permis d’échanger directement avec des locataires : obtenir leur retour des travaux réalisés dans les résidences mais également évoquer les problèmes que les habitants peuvent nous faire remonter : porte d’accès dégradé, présence d’encombrants ou stationnements gênants.

Si la satisfaction des locataires dépend essentiellement de notre capacité à résoudre leurs problèmes avec efficacité et rapidité, les échanges de proximité permettent d’instaurer une relation de confiance pour continuer d’améliorer notre service du logement au bénéfice de tous les habitants.

 

Budget Supplémentaire : pas de vision, pas d’ambition

Vous retrouverez ci-dessous l’intervention que j’ai pu prononcer au nom du Groupe Socialiste, Radical et Citoyen en Séance Plénière du Conseil départemental du Nord, le 12 octobre 2015 :

Monsieur le Président,

Mes chers collègues,

Votre majorité a fait le choix de repousser au dernier trimestre 2015 l’examen d’un Budget Supplémentaire que nous avions initialement programmé avant la trêve estivale.

Aussi, nous nous sommes posés une question simple : un délai pour quelle finalité ? Quelles sont les évolutions budgétaires stratégiques qui ont nécessité ce report ?

A la lecture de ce Budget Supplémentaire, je dois vous dire, Monsieur le Président, que nous restons un peu sur notre faim.

Après les sorties fracassantes de cet été, nous attendions de réelles évolutions.

Il n’en est rien.

A vrai dire, nous sommes même surpris de trouver un Budget Supplémentaire qui reprend dans sa structure et son organisation les grands fondamentaux de notre Budget Primitif 2015.

Il prend tout d’abord acte d’un certain nombre d’ajustements au niveau des recettes.

Signe d’un marché de l’immobilier qui connaît des frémissements, le montant perçu des droits de mutation à titre onéreux sera, à coup sûr, plus élevé en 2015 qu’en 2014.

La hausse du taux de 3,8% à 4,5% permise par le Gouvernement en mars 2014 montre également ses effets.

Vous prévoyez ainsi un niveau de DMTO de 250 millions d’euros en 2015. Au regard des montants déjà encaissés par le Département fin août et de la tendance à l’accélération de ce marché en fin d’année, il n’est pas inenvisageable d’atteindre même les 260 millions d’euros.

Sur les autres recettes supplémentaires, vous vous faites néanmoins plus discrets.

Il y a bien entendu une évolution positive de la taxe foncière et de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE). Mais c’est surtout grâce à la montée en puissance de la péréquation nationale que le Département récupère une grande partie des 17,2 millions d’euros.

Cette péréquation nationale, elle ne tombe pas du ciel. Elle a un historique que j’aimerais vous entendre rappeler.

Celui de la mobilisation depuis 2012 de la majorité précédente, de Patrick KANNER, de Claudy LEBRETON, alors Président de l’Assemblée des Départements de France, et de moi-même pour obtenir une meilleure répartition de l’effort entre les Départements au regard du poids grandissant des dépenses sociales.

C’est cette mesure de justice et d’équilibre qui est d’ailleurs montrée du doigt d’une manière de plus en plus insistante à droite par certains de vos collègues Présidents de Département.

Je ne doute pas, Monsieur LECERF, qu’en votre qualité de Président de la Commission des finances, vous saurez défendre sur ce point les intérêts du Nord à l’ADF.

Enfin, sur le volet recette, je note avec un certain amusement que vous avez fini par inscrire la recette exceptionnelle de 38,8 millions d’euros qui porte sur l’acompte initial versé à la CAF à la création du RSA.

Un jeu d’écriture, certes. Mais un jeu d’écriture qui vous avez alors permis de « charger la barque » de près de 39 millions d’euros dans l’audit du Cabinet KLOPFER présenté en juin dernier. Une manœuvre qui aurait pu être évitée grâce au vote d’une simple Décision Modificative (DM) au budget.

Au total, vous annoncez ainsi dégager une ressource réelle de 21,2 millions d’euros.

Force est de constater que ces ressources nouvelles proviennent moins d’économies de fonctionnement que des 30 millions d’euros de crédits que nous avions gelé au début de l’année 2015 afin de pouvoir faire face à la clôture de l’exercice budgétaire dont nous savions qu’elle serait difficile.

Encore une fois, c’est une manière de valider la stratégie budgétaire de notre précédente majorité de gauche et sa prévoyance.

Finalement, la différence entre nous, se situe moins dans la structure et l’organisation de ce Budget Supplémentaire, puisque, nous venons de le démontrer, vous mettez vos pas dans les nôtres.

Non, la vraie différence, c’est la philosophie dans la mise en œuvre de ce budget.

Face aux difficultés budgétaires réelles de notre Département, vous faites le choix de ne pas faire de choix politique.

Moins 10%, moins 20%, moins 50% ou suppression totale des subventions ou contributions de notre collectivité. Education, Jeunesse, Sport, Culture, Agriculture, Santé, Droits des Femmes, aide aux sans-abris ; des Restos du Cœur au Festival des Nuits Secrètes, des Centres Sociaux aux partenaires qui œuvrent pour la création d’entreprises : personne n’est épargné.

Votre méthode est simple et brutale : le coup de rabot généralisé et sans aucune concertation.

Alors, je l’ai bien compris, vous vous cachez derrière les arriérés d’hébergement. Ils sont réels, et les structures partenaires dans les domaines des personnes âgées, du handicap et de l’enfance sont bien conscientes de nos difficultés de trésorerie.

Mais encore une fois, vous ne pouvez pas vous empêcher de « charger la barque ».

Les arriérés d’hébergement sont chiffrés à 109 millions d’euros. C’est un chiffre exact dans l’absolu. Mais vous oubliez de préciser que les dépenses des établissements sont facturées à mois échu dans les domaines de l’Aide Sociale à l’Enfance et des Personnes handicapées, et à trimestre échu pour les Personnes âgées. Ce raisonnement biaisé conduit à aggraver de plus de 70 millions d’euros la situation du Département.

Par ailleurs, face aux dépenses d’hébergement imputées au Département, ne figurent pas les recettes qui en découlent et qui sont par exemple de l’ordre de 50% de la dépense pour les Personnes âgées. Un système amené à changer, puisque dorénavant, le Département n’aura plus à payer que le solde des prestations.

Aussi, je vous donne rendez-vous dans un an pour examiner le véritable niveau des dépenses d’hébergement. Je ne doute pas que nous aurons alors quelques surprises.

Sur le volet investissement de ce Budget Supplémentaire, nous notons avec inquiétude votre décision d’amputer l’enveloppe de 100 millions d’euros.

Une réduction d’un tiers du niveau prévu au Budget Primitif et qui aura à n’en pas douter des conséquences lourdes en matière de commande publique et donc d’emploi pour les entreprises de notre territoire.

Dans La Chronique du BTP, vous aviez pourtant déclaré, Monsieur LECERF, que « notre dette est importante […] mais supportable pour la taille de notre Département ».

Nous prenons acte de ce contrepied mais tenons à rappeler les faits. Une stratégie d’endettement raisonnable, des taux d’intérêt historiquement bas, un coût de la dette jusqu’alors maîtrisé, des produits financiers classés « 1A » selon les critères de la « Charte Gissler », une absence d’emprunt toxique ; autant d’éléments qui auraient pu nous permettre davantage d’ambition en matière d’investissement.

Je terminerai mon propos en évoquant la situation du RSA.

Monsieur LECERF, je ne reviendrai pas sur les interrogations réelles que nous avons quand à votre vision du devenir du RSA. Mon collègue Roger VICOT s’en est exprimé tout à l’heure au moment des questions d’actualité.

Je souhaite surtout souligner votre choix de confirmer la non-inscription du 12ème mois de versement du RSA au Budget Supplémentaire.

Et pourtant, que n’avons nous pas entendu à ce sujet ces derniers mois !

Lors du vote du BP, c’est volontairement que nous avions inscrits 11 mois en RSA. C’est la mise en œuvre d’une stratégie de négociation avec l’Etat qui a conduit à ne pas budgéter 12 mois.

Ces éléments avaient été annoncés en amont au directeur de la CNAF et figuraient dans la Convention.

Nous vous l’avions répété en juin dernier. La non inscription du mois de décembre n’était pas de l’insincérité budgétaire mais une stratégie offensive de négociation pour protéger les intérêts du Département.

En maintenant cette non inscription du 12ème acompte du RSA en 2015, votre majorité actuelle valide notre stratégie entreprise pour obtenir une meilleure compensation de la part de l’Etat.

La réalité est aussi simple que cela.

C’est d’ailleurs cette stratégie offensive qui, aux côtés de l’Assemblée des Départements de France (ADF), permet aujourd’hui de démontrer au Gouvernement la nécessité absolue d’enclencher un mécanisme de solidarité nationale.

C’est cette stratégie offensive, Monsieur LECERF, qui va permettre d’obtenir du Gouvernement de nouvelles mesures d’urgences en direction du Département du Nord. Des mesures qui seront dévoilées cette semaine à l’occasion du Congrès de l’ADF à Troyes et qui nous permettrons de rassurer les nombreux bénéficiaires des services publics départementaux.

Bien entendu, ce ne sera pas suffisant. Mais avec le Groupe de Gauche de l’ADF et son Président André VIOLA, nous sommes confiants quant aux engagements pris jeudi dernier par Manuel VALLS.

Il aura fallu, en effet, vous le savez, attendre le retour de la gauche en 2012 pour que l’Etat prenne la réelle mesure des difficultés rencontrées par les Départements.

Aujourd’hui, une mission parlementaire est sur le point d’être lancée, un processus général est engagé. Il permettra d’obtenir avant la fin du premier trimestre 2016 des mesures fortes de la part du Gouvernement mais surtout des mesures pérennes.

Pour conclure, vous l’aurez compris, ce qui nous interpelle dans ce Budget Supplémentaire, ce n’est pas sa structure, mais l’absence d’un cap et d’une véritable perspective politique.

Ce Budget Supplémentaire ne s’accompagne d’aucune délibération thématique susceptible d’engager des réformes structurelles dans le fonctionnement et les politiques menées par le Département du Nord.

Or, nous voyons mal comment vous pourrez réaliser les 100 millions d’euros d’économies annoncées en 2016 sans acter de nouvelles orientations structurelles d’ici la fin de l’année.

Ce BS manque tout simplement d’ambition au regard de vos déclarations depuis votre entrée en fonction.

La stratégie adoptée est celle de la dévitalisation progressive du Département via la méthode du coup de rabot généralisé et sans concertation dans toutes nos politiques.

Les seuls effets : créer de la désespérance parmi les collaborateurs du Département sur qui vous faites reposer la responsabilité des désengagements multiples et mettre en difficulté de nombreux partenaires sur notre territoire.

Oui, comme Christian POIRET aime le dire, vous êtes des gestionnaires. Encore faut-il ne pas confondre une gestion comptable d’une gestion stratégique seule à même de préparer l’avenir.

En d’autres termes, ce Budget Supplémentaire marque votre abandon de faire de la politique.

Pour toutes ces raisons, le Groupe Socialiste, Radical et Citoyen votera contre ce Budget Supplémentaire.