Vert Ébène : un pari écologique

Le bailleur social organisait mercredi une visite du chantier de la résidence Vert Ébène, une construction « passive ». C’est l’un des derniers chantiers du quartier, et pas le moins ambitieux, à en croire la direction de Partenord Habitat. Avec un coût de 9 millions d’euros, dont 40 % pris en charge par Partenord sur ses fonds propres, le pari est osé et l’objectif clair : réaliser un prototype de résidence passive, c’est-à-dire dont les déperditions d’énergie seront nulles ou presque, et la consommation d’énergie beaucoup plus faible que dans une résidence classique. « En six ans, le prix du gaz a augmenté de 20 %. Pour que le pouvoir d’achat de nos locataires puisse se maintenir, nous nous devons d’investir dans cette direction », annonce Didier Manier, président de Partenord.

La résidence, l’une des toutes premières de ce type en France, doit servir aux professionnels de la construction pour se former aux nouvelles techniques qu’implique ce type de bâtiment. Et à Partenord Habitat pour repérer ce qui fonctionne – ou pas – dans le cycle de production de ce type de résidence, mais aussi dans son occupation. « Ça n’est pas gagné d’avance. Il va falloir faire preuve de pédagogie, apprendre aux habitants à utiliser correctement leur habitation », poursuit Didier Manier.

Pour l’aspect pédagogique, un espace ad hoc a été prévu, sorte de logement témoin où les futurs locataires apprendront à s’adapter à leur logement, à ne pas pousser le chauffage, à ouvrir les fenêtres de façon réfléchie. En attendant, ce sont les compagnons à l’oeuvre sur le chantier qui s’adaptent. « Avant, si l’électricien ou le plombier avait des difficultés à installer ses câbles ou ses canalisations, il faisait un trou dans le mur, et l’affaire était réglée. Aujourd’hui on ne peut plus se le permettre, chacun doit agir conjointement. On n’a pas le droit à l’erreur », explique François Dally, responsable de la maîtrise d’ouvrage.

Nouvelles techniques

Pour détecter les déperditions potentielles, l’équipe du chantier utilise différentes techniques, de la dépressurisation d’une pièce, pour détecter toute fuite d’air, à l’utilisation d’un anémomètre, ou tout simplement de fumée. « Dans une habitation classique, l’ensemble des brèches accumulées représente une surface égale à celle d’un vinyle. Sur une habitation construite selon les nouvelles normes, la surface est égale à celle d’un mini-disque » , explique le démonstrateur. Une fois le gros oeuvre fini, le béton est donc doublé par des plaques de bois aggloméré de 2 tonnes chacune, farcie de cellulose. Les fuites éventuelles sont colmatées avec du scotch. « Ce projet coûte 25 % plus cher que les projets standards. Pas tant pour les matériaux, mais car il y a beaucoup de travail pour assurer l’étanchéité du bâtiment », explique François Dally. C’est que le cahier des charges de la ville de Lille impose une certaine cohérence architecturale au quartier.

Bruno Decottignies
Nord Eclair
samedi 9 avril 2011

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